Terrebonne et Mascouche n’ont pas d’Histoire

Terrebonne et Mascouche n’ont pas d’Histoire

Terrebonne et Mascouche n’ont pas d’Histoire

Par Sophie Ouimet

 

J’espère que mon titre n’aura choqué personne. Parce que j’insiste – je ne crois pas que Terrebonne et Mascouche aient réellement une Histoire. À l’image du Québec finalement. Et à l’image du reste du Canada, des États-Unis, de la Chine… En fait, j’avoue avoir des réserves avec l’Histoire, tout simplement.

 Celle avec un grand H, entendons-nous.

Par définition, on écrit que l’Histoire serait la connaissance du passé. Soit. Mais de quelle connaissance est-il question? Prenons l’exemple de la Première Guerre mondiale. Selon que l’on s’intéresse à un soldat, à un politicien, à une ouvrière, à un enfant, à un Moscovite ou à un Mascouchois, chacun d’eux aura une expérience bien différente du conflit. Un point de vue sera-t-il plus historiquement valable? Bien sûr que non. Chacun reflétera simplement une réalité différente, entrevue avec des lunettes différentes.

En outre, même les historiens les plus chevronnés portent des lunettes. Celui du 19e siècle, par exemple, ne racontera pas la Révolution française comme le fera un autre du 21e. D’ailleurs, deux historiens de 2017 pourraient offrir une lecture totalement différente d’un même événement. En effet, dépendamment de leurs intérêts, de leurs origines ou encore de leurs valeurs, ils n’insisteront pas sur les mêmes faits, ne miseront pas sur la même approche. Est-ce qu’un l’un des deux aura fait un meilleur travail? Pas nécessairement. Ils auront tout simplement éclairé une facette différente d’une réalité qui en comporte plusieurs.

Des concepts comme ceux-là, on pourrait en énumérer longtemps. Inutile de continuer cependant, ceux déjà écrits suffisent à expliquer le point du texte. Si j’écris avoir des réserves avec l’Histoire avec un grand H, c’est que je trouve l’expression un peu trop absolue. C’est comme s’il existait une Vérité unique et que le passé s’y résumait.

Pour résumer le tout, la région des Moulins a-t-elle une Histoire? Non, elle a plutôt des histoires.

Des hommes et des femmes, issus de tous les milieux, y ont vécu. Certains y sont nés, d’autres s’y sont installés. Il s’y est déroulé des tragédies, des réussites, des scandales. Il s’y est cultivé des terres et développé des routes. En tant qu’espionne patrimoine, je chercherai et partagerai avec vous de ces histoires.

De façon générale, je tenterai de toucher à des sujets diversifiés, question d’intéresser le plus large éventail de lecteurs possible. Vie quotidienne, événements marquants, patrimoine bâti – les options sont multiples. Aussi, j’aimerais faire découvrir des gens ou des organismes qui, à leur façon, contribuent à garder vivant l’héritage du passé. En bref, j’espère qu’avec mes chroniques, certains lecteurs n’auront plus cette opinion que trop de mes connaissances partagent. À savoir que l’histoire se résume simplement à une succession de dates.

Ah et pour finir, une dernière mise au point : ces histoires que je vous partagerai, je ne pourrai les raconter, et ce malgré toute ma volonté, qu’à travers mes propres lunettes.

« Pour être l’Histoire avec un grand H, je suis bien l’Histoire avec un grand H! […] Vous en connaissez beaucoup qui portent autant de paires de lunettes? Une paire pour chaque lecture du passé. »
– Paul Emond