Rencontre avec le Mouvement Citoyens pour Terrebonne

Rencontre avec le Mouvement Citoyens pour Terrebonne

Rencontre avec le Mouvement Citoyens pour Terrebonne

Par Mathieu Bélanger

Dans la tourmente entourant la descente de l’UPAC à Terrebonne, un groupe citoyen s’est créé afin de demander la mise sous tutelle de la ville. Maintenant que cette demande est déposée, quelle est la suite prévue par ce groupe? C’est ce que votre espion politique a tenté de découvrir en interviewant les trois principaux porte-paroles du Mouvement Citoyens pour Terrebonne, Nicolas Bucci, Marc Daigneault et Marc-André Michaud, le 10 décembre dernier. Notez que la plupart du temps, les trois répondaient ensemble aux questions, en complétant les réponses les uns des autres. Ainsi, les trois seront nommés indistinctement « Mouvement Citoyens pour Terrebonne » dans le cadre de cet article, sauf lorsque pertinent.

Mathieu Bélanger : Racontez-nous comment vous en êtes venus à former ce « mouvement citoyen ».

 Mouvement Citoyens pour Terrebonne : L’élément déclencheur a bien entendu été la perquisition de l’UPAC à Terrebonne. Cela a soulevé chez nous une grande inquiétude pour la Ville. Ça nous a donné le goût de nous réunir avec d’autres gens, qui avaient aussi un grand intérêt pour le bien-être de la Ville, pour faire quelque chose.

C’est pour cela que nous avons choisi de former un mouvement citoyen et non un parti politique. Nous souhaitions pouvoir rejoindre plus de gens et avec une structure plus légère que ce que nous aurait permis un parti politique. Par personnes interposées, nous nous sommes rencontrés et avons décidé de nous réunir surtout avant les séances du conseil municipal afin de bien nous y préparer. Notre premier objectif était de pousser le conseil municipal à rendre des comptes sur les questions éthiques.

MB : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous afficher publiquement en tant que Mouvement?

 MCT : Sans contredit, c’est la « nomination » de Stéphane Berthe à la mairie de Terrebonne. Pour nous, cette nomination n’est pas démocratique. On sait que Jean-Marc Robitaille a attendu avant d’officiellement démissionner juste pour permettre au conseil municipal de ne pas retourner en élection. Mais le conseil aurait pu faire ce choix. À la place, il a préféré nommer un des leurs, un des membres de l’Équipe Robitaille (qui existe toujours légalement). Ça ne montre pas une grande indépendance du conseil, même si les membres disent tous être indépendants maintenant.

En plus, Stéphane Berthe manque de respect envers les citoyens. Il ne répond pas adéquatement aux questions lors des séances du conseil municipal. On le voit aussi par les séances, dont celle l’ayant nommé maire, qui sont convoquées à moins de 24 heures de préavis.

Bref, tout ça nous fait dire que la Ville n’est plus gérable actuellement. Le conseil n’a plus de légitimité pour fonctionner. C’est pour cela qu’on a officiellement et publiquement demandé la mise sous tutelle de Terrebonne. Nous avons d’ailleurs reçu un avis de réception du ministère des Affaires municipales le 24 novembre 2016, nous confirmant que notre demande est sous étude.

MB : À part l’éthique, quels sont les enjeux qui vous préoccupent?

MCT : Puisque le conseil municipal ne veut pas jouer son rôle d’indépendance face à la mairie, nous souhaitons être cette opposition citoyenne. Nous souhaitons soutenir tous les citoyens qui veulent poser des questions lors des séances et les aider à défendre leurs intérêts.

Plus spécifiquement, les enjeux les plus importants pour nous actuellement sont entre autres la question de l’aéroport, des pipelines et des hydrocarbures. Sur ces trois éléments, les gouvernements provinciaux et fédéraux prennent des décisions, mais la Ville de Terrebonne, qui est quand même la 10e plus grosse au Québec, ne s’exprime que très peu. On entend beaucoup plus Mascouche que Terrebonne.

Au niveau local, il y a la question du nouveau poste de police, dont le budget prévu nous semble trop élevé. Mais surtout, c’est toute la question du développement qui est à revoir. Présentement, il est difficile d’investir à Terrebonne. Moi-même (Marc Daigneault), lorsque j’ai voulu partir un projet, on m’a dit qu’il fallait d’abord que je donne une enveloppe brune pour que ça débloque… Ce n’était pas un membre du conseil municipal qui m’a dit ça, mais la personne semblait très sûre de ce qu’elle avançait. Plus largement, la Ville développe un secteur, par exemple Urbanova, mais construit seulement ensuite les infrastructures qui vont avec. Il faudrait faire l’inverse et prévoir dès le départ les besoins que ces citoyens auront.

MB : Quelle est la suite des choses? Allez-vous devenir un parti politique et vous présenter aux prochaines élections municipales?

 MCT : Nous sommes vraiment un mouvement, partant de la base. Nous comptons une vingtaine de membres (et environ 200 personnes qui nous suivent sur Facebook). C’est ensemble que nous allons prendre ces décisions. Certains de nos membres le souhaitent. Moi-même (Marc Daigneault) j’y réfléchis, mais aucune décision n’est encore prise. C’est en janvier que nous prendrons ces décisions.

MB : Merci beaucoup pour cet entretien.