Marc-André Michaud, plus jeune conseiller municipal de Terrebonne de l’Histoire

Marc-André Michaud, plus jeune conseiller municipal de Terrebonne de l’Histoire

 

Marc-André Michaud, plus jeune conseiller municipale de Terrebonne de l’Histoire

Par Mathieu Bélanger

En novembre dernier, Marc-André Michaud était élu conseiller municipal du district 16, dans le secteur Lachenaie. Sa victoire avait deux caractéristiques particulières : il était le candidat obtenant le plus grand appui (plus de 65 % des votes) et il devenait, à 23 ans, le conseiller municipal de Terrebonne le plus jeune de l’Histoire. Je me suis entretenu avec lui pour parler de son entrée en fonction.

Mathieu Bélanger : Comment t’es-tu senti le soir de l’élection?

 Marc-André Michaud : Ç’a été une drôle de soirée. D’un côté, avec la campagne que j’ai menée, j’aurais été surpris de perdre. J’ai fait trois fois le tour de mon quartier. J’avais déjà complété un premier tour avant qu’un premier adversaire s’annonce et j’avais terminé une deuxième tournée avant que le deuxième candidat s’annonce. J’étais déjà bénévole dans mon quartier, depuis avant même ma décision de me lancer. C’est une campagne électorale que j’ai organisée sur une période d’un an et que j’ai exécutée sur une période de 5 mois.

D’un autre côté, ç’a été très difficile pour le reste de l’équipe. J’avais été comme dans une bulle durant la campagne, mais durant la soirée électorale, je me suis rendu compte qu’un collègue avait perdu, puis un autre. Des candidats pour lesquels j’étais convaincu d’une victoire, mais pour qui ça ne s’est pas matérialisé. Ç’a été une méchante claque.

MB : Quelle leçon as-tu tirée de cette claque-là?

 MAM : Une campagne électorale municipale, ça se gagne sur le terrain. Il faut le reconnaître, l’Action démocratique Terrebonne était prête 6 mois avant l’élection, et ç’a paru. Ce qui m’a aidé, dans mon cas, c’est que même si l’ADT était prête comme parti, moi aussi, comme individu, je l’étais dans mon quartier, même avant d’être associé à un parti. Aujourd’hui, quand je vais à l’épicerie ou au cinéma, je rencontre de mes concitoyens qui me reconnaissent. Après avoir fait 3 fois le tour du quartier, les gens me reconnaissent.

MB : Décris-nous ton parcours. Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à la politique municipale?

 MAM : Je dis souvent que c’est l’Histoire qui m’a amené à la politique, que la politique m’a amené au droit et que le droit m’a ramené à la politique. Je suis tombé en amour avec l’Histoire au secondaire. En étudiant l’Histoire au secondaire, je me suis rendu compte que la politique est le meilleur endroit pour faire une différence. Je me suis donc impliqué au niveau de la politique provinciale dès le secondaire 3. Ce qui m’a poussé à m’intéresser de façon plus particulière à la politique municipale, ce sont les scandales qui ont frappé Terrebonne dans les dernières années.

MB : Au moment où cette entrevue est menée, ça fait un peu moins de 3 mois que tu es entré en fonction. Quelles sont tes premières impressions? Comment se passe la transition?

 MAM : Ça va vite. Il y a beaucoup de documents à lire. Comme je suis à l’opposition, je dois faire encore plus attention pour éviter que des choses nous passent sous le nez. Il faut s’assurer de bien faire ses devoirs. Comme je ne suis pas au comité exécutif, et donc pas nécessairement conscient de tout ce qui dit autour de cette table, c’est en lisant bien tous les documents qu’on peut comprendre l’esprit des décisions prises et la stratégie mise de l’avant par le maire et son parti.

Mon plus gros défi personnel actuel, c’est la gestion du temps. On l’oublie souvent, mais conseiller municipal, c’est un emploi à temps partiel. Je dois donc combiner cet emploi avec mes études et, bientôt avec le barreau. Ça en fait beaucoup, mais c’est faisable. Disons que le café va être bon!

MB : D’ailleurs, c’est quoi une semaine type comme conseiller municipal?

 MAM : C’est très difficile à évaluer, puisque ce n’est pas du tout un horaire fixe. Une semaine je peux faire seulement 5 heures, une autre plus de 25. À n’importe quel moment un citoyen peut me contacter, par téléphone, texto ou Facebook, pour me signifier un problème. Il faut alors que je tente de trouver une solution, que je me renseigne pour savoir quelle procédure suivre dans telle ou telle situation.

MB : Est-ce qu’une formation vous a été offerte, à toi et aux autres nouveaux conseillers?

MAM : Nous avons suivi une formation d’une journée et demie de l’Union des municipalités du Québec portant sur l’emploi de conseiller municipal, particulièrement en ce qui a trait aux questions d’éthique.

Aussi, lorsque nous avons à prendre des décisions sur des enjeux nécessitant plus d’informations, des fonctionnaires de la Ville vont nous donner des formations en plénier, avant les séances du conseil municipal. Ainsi, nous sommes bien outillés pour prendre ensuite des décisions en toute connaissance de cause.

MB : Quelles sont tes ambitions pour plus tard?

 MAM : Ma priorité, c’est ma future carrière juridique. Pour moi, la politique, c’est une passion. Présentement, je suis payé pour faire ma passion, pour laquelle je m’impliquais avant de façon bénévole. Mais je veux me définir d’abord comme un avocat.

MB : Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui s’intéresse à la politique?

 MAM : Lorsqu’on reste dans les estrades, on n’est pas considéré. Il faut être sur la patinoire pour ça. En même temps, il ne faut pas aller trop vite. Oui, j’ai été élu à 23 ans, ça peut être vu comme jeune, mais je suis impliqué en politique depuis l’âge de 15 ans. J’ai pris de l’expérience. Il y a un moment pour observer, être sur l’estrade. Mais ensuite, il faut être sur la patinoire, lorsqu’on a quelque chose à dire. Même si on ne patine pas très bien, au moins on va prendre de l’expérience. Aussi, il faut avoir un mentor. Comme ça on peut apprendre de ses erreurs et ne pas les répéter.

MB : Merci Marc-André Michaud pour cet entretien.