Les véganes

Les véganes

Bhuta Yoga – Jan/Fev 2018

Les véganes

Par Dany Lavigne

Bien qu’il demeure relativement marginal, le véganisme gagne en popularité. Montréal a même son Festival végane, qui a attiré environ 14 000 visiteurs lors de sa troisième édition. Pour paraphraser le titre d’un essai de Martin Gibert, de plus en plus de gens voient désormais leur steak « comme un animal mort ».

Qu’est-ce que le véganisme? Il s’agit d’un mouvement social dont les adeptes ne consomment aucun produit animal. Les véganes ne mangent pas de viande, d’œufs, de produits laitiers (ou de miel pour certains). Bien entendu, ils ne portent pas de manteau de cuir ni de parfums testés sur des lapins.

L’argument de base du véganisme est le suivant : s’il est possible de vivre sans infliger de souffrances non nécessaires aux animaux, alors nous devrions le faire. Dans les pays industrialisés du 21e siècle, il n’est plus nécessaire de tuer des bêtes pour se vêtir, se soigner ou se nourrir. On peut très bien aller chercher le calcium, les protéines, les vitamines, etc. dans des substituts à la viande et aux produits laitiers. Même des athlètes de haut niveau, comme la joueuse de tennis Venus Williams ou le coureur Alister Gardner, sont véganes.

Quand j’aborde le sujet en classe, il se trouve parfois un étudiant pour me répliquer qu’un de ses oncles est producteur de poulets et qu’il ne maltraite pas ceux-ci. Je n’en doute point. Toutefois, il est bien documenté que l’élevage industriel ne procure pas une vie très épanouissante aux bêtes. D’ailleurs, même les animaux issus des « petits élevages respectueux » finissent leur vie prématurément à l’abattoir…

Pourquoi est-ce que je parle d’alimentation dans un blogue sur l’environnement? Parce que l’élevage est l’une des principales causes des changements climatiques. La consommation de viande sur la planète a beaucoup augmenté dans les dernières décennies. Dans un rapport publié en 2013, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que l’élevage est responsable de 14,5 % de nos émissions globales de gaz à effet de serre, soit davantage que les émissions produites par le secteur des transports! En outre, la Fondation David Suzuki rapporte que « cinq à sept kilos de céréales sont nécessaires afin de produire un kilo de bœuf ». Il serait plus logique d’utiliser les terres agricoles pour faire pousser des aliments dont les humains se nourrissent directement.

Dans son dernier livre, Élise Desaulniers propose un Défi végane 21 jours. Ceux qui veulent tenter une immersion dans ce mode de vie y trouveront plusieurs conseils pratiques. L’auteure démontre que, contrairement à ce qu’on croit, l’alimentation végétalienne n’est ni fade, ni difficile à préparer. Et qu’elle n’est pas réservée aux habitants de la métropole.

L’été est une bonne période pour diminuer sa consommation de viande. À l’instar de ma collègue espionne culinaire, je vous invite à acheter des fruits et légumes de saison dans nos merveilleux marchés publics!

« Les animaux sont mes amis… et je ne mange pas mes amis. »
– George Bernard Shaw