Les Cornichons Dillicieux : créativité, passion et travail d’équipe

Les Cornichons Dillicieux : créativité, passion et travail d’équipe

Bhuta Yoga – Jan/Fev 2018

Les Cornichons Dillicieux : créativité, passion et travail d’équipe

Par Élisa-Ann Sourdif

Il y a quelques mois, j’ai vu passer un article en partage sur ma page Facebook. Un de nos élus locaux manifestait sa fierté envers deux entrepreneurs de chez nous qui produisaient des cornichons. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. Après un bref survol de la page Facebook des cornichons Dillicieux, j’ai pris la résolution de les rencontrer pour l’Espion de Quartier. Après tout, deux jeunes hommes qui font des cornichons, et qui les commercialisent, ça sort déjà de l’ordinaire. L’esthétique des photos et des étiquettes, résolument jeune et moderne (et superbe), a également capté mon intérêt. Le test ultime, celui du goût, a confirmé que Les cornichons Dillicieux ne sont pas ordinaires. Voilà donc l’essentiel de ma rencontre avec Jean-Philippe Villeneuve et Guillaume Roy, cofondateurs de l’entreprise Les cornichons Dillicieux.

EAS : Quel est le point de départ de Dillicieux?

JPV : Le point de départ, c’est qu’on faisait des conserves entre amis, une fois par année. Nous deux, nos copines et quelques amis. Au temps des récoltes, on se réunissait pour faire des cornichons, des betteraves, du ketchup aux fruits. Chaque année, on réalisait que l’on consommait plus de cornichons et que notre entourage aimait aussi beaucoup nos cornichons alors, nous avons commencé à produire plus de cornichons et à réduire la production des autres conserves. Nos proches nous demandaient la recette, et de leur en vendre. Nous avons toujours gardé la recette pour nous, même si ce n’était pas du tout commercial à ce moment-là. Nous produisions vraiment pour nous, pour notre consommation annuelle à l’époque. Lorsque nous avons vu qu’il y avait de l’engouement, nous nous sommes dit que nous pouvions en faire un petit lot commercial, juste pour tester avec nos proches. Comme nous avons vendu tous nos pots rapidement, nous avons décidé de l’offrir à tout le monde.

EAS : Vous êtes partis d’une fois par année, aux récoltes, mais maintenant, vous devez fournir! Comment fonctionnez-vous pour l’approvisionnement?

GR : Lorsque nous nous sommes lancés en affaire, nous avons commencé tout de suite à faire nos recherches pour trouver des fournisseurs locaux. Nous cherchions des producteurs de cornichons de serre. Je suis tombé sur les Serres Stéphane Bertrand, à Mirabel. C’était la première année qu’ils faisaient des concombres Kirby. Nous sommes avec eux depuis le début.

JPV : Ça allonge notre période de production. Sans ce fournisseur, nous devrions concentrer toute notre production à la fin de l’été, alors que nous pouvons produire dès le début de l’année. Nous venons de recevoir la confirmation que nous recevrons nos premiers concombres frais, de serre, au début de février. Nous pouvons donc produire de février à octobre.

EAS : Où peut-on trouver vos produits?

JPV : Chez Espace Houblon, qui ont trois boutiques (dont une à Mascouche), chez Veux-tu une bière, qui ont deux boutiques à Montréal, et chez Bref Mtl, qui est une sorte de boutique-galerie.

GR : Nos produits sont aussi à Triple A Boucherie, dans l’est de Montréal. Nous étions dans le kiosque d’Espace Houblon, à l’Oktoberfest des Québécois, à Repentigny, et le propriétaire est passé. Il a goûté et est tombé en amour avec nos produits.

JPV : On a été réalistes, on a concentré nos points de vente chez des gens qui tripent vraiment sur nos produits et qui ont envie de les vendre.

EAS : C’est important pour vous d’être aux bons endroits?

JPV : Oui, et l’on en fait un critère. Il s’agit que le commerçant y croie, qu’il parle de nous et crée des opportunités.

EAS : Ici, pour Terrebonne-Mascouche, Espace Houblon a l’exclusivité?

JPV : Pour le moment, sur la Rive-Nord, c’est eux qui ont l’exclusivité. Nous vendons également un peu sur demande.

EAS : En ce moment, vous produisez trois sortes de cornichons?

JPV : Oui, trois saveurs, presque quatre puisqu’ail-aneth, qui est notre saveur classique, est aussi produite en format tranché, pour les hamburgers, l’été. Il y en a aussi au piment habanero et à la bière IPA Simple Malt.

EAS : Vous faites aussi de la relish?

GR : Oui, deux sortes. On a notre classique « comme grand-maman », avec les assaisonnements habituels, mais en remplaçant le poivron rouge par un piment habanero. Ça ajoute un « kick » de piment au sucré. Notre autre saveur contient du piment fort et du cumin, elle rappelle un peu une salsa mexicaine.

EAS : Où est-ce que vous fabriquez vos produits?

JPV : Nous louons la cuisine d’un restaurant de la région. Nous utilisons la cuisine lorsqu’eux ne l’utilisent pas.

EAS : Auparavant, vous cuisiniez vos marinades avec vos conjointes. Est-ce qu’elles participent encore, maintenant que c’est une entreprise?

GR : Nous sommes seulement tous les deux, mais sommes en mesure de faire une bonne production lorsque nous sommes bien organisés.

EAS : Vos recettes, elles viennent d’où?

GR : Ça, c’est moi. C’est beaucoup d’intuition et d’essai-erreur. Après, on ajuste. On fait des tests. Lorsqu’on crée une nouvelle recette, ça prend plus ou moins un an, de la création à ce que le pot soit prêt à être consommé.

EAS : Ce qui vous distingue, c’est aussi l’esthétisme. Les étiquettes, vos photos sur votre page Facebook, c’est magnifique.

JPV : Je suis graphiste de formation, et j’ai aussi étudié en marketing. C’était important pour nous de bien présenter le produit et de ne pas seulement avoir un pot avec une étiquette, comme on en voit partout. On voulait vraiment aller chercher un autre public, de jeunes professionnels qui ont le désir de manger local, et aussi se faire plaisir avec quelque chose qui est beau visuellement. Il faut que tu te démarques dans un marché, sur un étalage, et le design, ça vend.

EAS : En terminant, quelles sont vos ambitions pour Dillicieux?

JPV : Nous aimerions nous étendre un peu plus. Tout en demeurant conservateurs, nous aimerions aller chercher des points de vente dans d’autres régions, à Québec et Sherbrooke.

EAS : Toujours dans des commerces locaux?

GR : Nous ne visons pas les grandes surfaces à court terme. Nous ne sommes pas fermés à l’idée, mais le créneau dans lequel nous sommes s’y prête moins. Nous avons un produit de niche, spécialisé.

JPV : Dans une grande surface, personne ne pointera du doigt notre produit pour le présenter à ses clients alors que chez Espace Houblon par exemple, ils le font.

GR : Nous voulons être dans des points de vente qui travaillent pour leurs clients, pour leur offrir une expérience intéressante.

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