Le social, un investissement plus que rentable

Le social, un investissement plus que rentable

Le social, un investissement plus que rentable

Par Hugo Valiquette

Peu d’entre nous réfléchissent en terme d’investissement quand on parle de développement social, des organismes communautaires autonomes, de groupes citoyens, de bénévoles, de tables de concertation et de lieux de réflexion collective. Et pourtant! Toutes ces personnes qui œuvrent à améliorer les conditions de vie des gens de la communauté par de nombreux moyens rendent un fier service à leur société. Toutefois, trop de membres de la classe politique et de l’élite économique préfèrent continuer à faire semblant que ce secteur de notre collectivité n’est pas si important.

Combien ça vaut, le bénévolat?

Saviez-vous que selon le Réseau de l’action bénévole du Québec, plus de 2,4 millions de Québécoises et de Québécois âgés de 15 ans et plus réalisent du bénévolat au Québec? En 2009, ce sont 385 millions d’heures auprès des organismes québécois qui ont été ainsi offertes pour soutenir les communautés. Toujours selon cet organisme, une estimation de la valeur des heures de bénévolat réalisées au Québec qui seraient rémunérées selon le salaire moyen versé au sein des organismes communautaires représenterait 7 milliards de dollars. Voilà une somme astronomique qui est donnée par des gens engagés pour leur communauté. Les personnes choisissent en premier le bénévolat dans le loisir et la culture, les services sociaux, l’éducation, la santé, l’environnement et la défense des droits. Quelle richesse présente partout chez nous!

Il est vrai de dire qu’à Terrebonne et à Mascouche, il y a plusieurs événements de reconnaissance pour ces gens qui s’investissent pour le mieux-être de leur quartier et de leur municipalité. Tout ce temps donné ne pourrait pas être défrayé. Imaginez votre coin de pays sans bénévole. De nombreux services et activités n’existeraient tout simplement pas. Pensez au club de hockey des enfants et adolescents, des activités pour les familles, des fêtes de quartier, de la distribution alimentaire pour les personnes qui vivent certaines difficultés, de la prévention auprès des personnes âgées, et ceci n’est qu’un aperçu.

Sur notre territoire, selon différentes sources, on peut compter sur l’engagement d’au moins 8 500 bénévoles dans les différents organismes et associations. C’est très impressionnant et ça a assurément un lien direct avec la vitalité et le dynamisme de nos municipalités.

Une grande richesse : les organismes communautaires et les associations.

Sur notre territoire, le développement social se vit en très grande partie grâce aux organismes présents. Encore là, on entend plusieurs personnes dire qu’il y a trop d’organismes, trop d’associations très souvent sans connaître le portrait réel de la situation. Tout d’abord, il est important d’expliquer que pour créer un organisme ou une association, il faut tout d’abord qu’il y ait un besoin exprimé par des gens. Ces personnes vont se rassembler et, parfois, cela mènera à la naissance d’un organisme plus formel. Ces organisations œuvrent dans de nombreux secteurs, comme pour les gens qui font du bénévolat. Sur notre territoire de MRC, on dénombre plus de 300 organismes qui ont à cœur une mission, une raison d’être. Ce sont donc des gens regroupés qui décident de résoudre collectivement un problème qu’ils ont identifié. Quand on y pense, ça demande beaucoup de courage de sortir de son quotidien et de se lancer dans ce type d’aventure. Le quotidien d’un organisme, c’est d’offrir des activités, tenir des réunions de conseil d’administration, faire de la recherche de commandites, tenir des activités de financement, faire de la sensibilisation et, à leur façon, toutes ces personnes regroupées améliorent le monde dans lequel on vit.

Économiquement, c’est plus que rentable

 Alors qu’on a l’impression que de subventionner ces organismes coûte cher, on passe trop souvent sous silence leur impact économique bénéfique pour les communautés. Selon le Réseau de l’action bénévole du Québec, quand les différents paliers de gouvernement injectent un dollar au sein d’un organisme, les bénévoles et leurs associations génèrent une moyenne de quatre dollars en prestation de services et d’activités dans leur communauté. Un pour quatre, c’est un excellent rapport! Selon une note ministérielle du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec, on explique : « Le secteur communautaire et de l’économie sociale représente 3,5 % des emplois au Québec, ce qui en fait un secteur deux fois plus important que l’agriculture, forêts, pêche et chasse. » On peut aussi affirmer qu’il y a plus d’emplois dans ce secteur que dans les mines, le pétrole et le gaz, un secteur recevant de très nombreuses contributions financières gouvernementales. De plus, on peut également y lire : « Les sommes dédiées par le gouvernement à l’action bénévole et communautaire représentent 920 millions de dollars et la dépense totale de ces organismes est de deux milliards de dollars ». Cela signifie donc que les organismes créent de l’emploi et investissent dans les communautés où ils sont implantés. Ces chiffres impressionnants ne sont pas très souvent mis en lumière pour parler du social. Alors que pourtant, investir dans le social, c’est investir dans notre mieux-être individuel et collectif. Ce devrait être une grande priorité. Avouez qu’en général, ce n’est pas en pensant économie que vous réfléchissez aux organismes de votre coin!

Un milieu à découvrir

À titre de votre nouvel espion social, je vous invite à découvrir les organismes et associations de votre quartier, de Terrebonne et de Mascouche. Vous verrez toutes la diversité de ce qui est accompli. Pour ce faire, vous pouvez regarder le bulletin municipal ou le site Web de votre Ville qui contiennent les bottins des organismes. Êtes-vous prêts?