Le mystère de la « Brasserie Mascouche »

Le mystère de la « Brasserie Mascouche »

Le mystère de la « Brasserie Mascouche »

Par Élisa-Ann Sourdif

Depuis maintenant plusieurs mois, nous entendons parler de « Brasserie Mascouche » entre les branches. Les personnes qui sont derrière ce projet ont sondé la population de la MRC Les Moulins et ils opèrent une page Facebook, tout en cultivant le mystère sur les détails de leur projet. Ils ont tout de même accepté de rencontrer l’espionne culinaire, à condition que leur anonymat soit respecté jusqu’à ce qu’ils soient prêts à lever le voile sur leur projet.

EAS : J’avance un peu dans le noir pour cette entrevue, je sais que je ne peux pas tout dévoiler, en raison de l’état d’avancement du projet. Premièrement, le nom de votre entreprise, ce ne sera pas Brasserie Mascouche?

BM : Nous souhaitons conserver le mystère, ça fait partie de notre plan de marketing. Nous avons déjà un nom et un logo de planifiés, mais nous voulons vraiment attendre que tout soit officiel avant de les dévoiler. Ce ne sera pas Brasserie Mascouche, même si ça a plu à plusieurs personnes. C’est tout de même très mascouchois, le concept que nous développons, nous avons fait en sorte qu’il soit lié à Mascouche, à la MRC Les Moulins, avec un petit côté historique.

EAS : C’est dans le noyau villageois, j’imagine?

BM : C’est notre plan, et ça fait également partie du projet de revitalisation du noyau villageois de la ville de Mascouche. Nous y avons acquis une propriété. D’ailleurs, dans notre sondage, nous demandions aux gens s’ils étaient favorables à la revitalisation du noyau villageois et ils l’étaient, ils étaient même enthousiastes.

EAS : Donc, dans le concept, on parle de quartier, de sentiment d’appartenance…

BM : C’est vraiment dans nos valeurs, encourager des entreprises locales. Nous souhaitons vraiment que notre cuisine, qui sera de type bistro, permette la découverte de produits de la région.

EAS : Parlons de la cuisine. Vous avez évoqué ce sujet dans votre sondage, quel type de menu peut-on s’attendre à retrouver à la Brasserie Mascouche?

BM : Nous offrirons un menu bistro, mais nous demeurons des brasseurs avant tout. Les clients vont venir d’abord pour prendre une bière, mais ils pourront manger. Et ce sera bon.

EAS : Votre entreprise, ce sera une brasserie artisanale?

BM : Effectivement. On parle de microbrasserie, de façon générale, mais la différence est qu’une microbrasserie peut embouteiller et vendre en magasin. Nous, l’objectif, c’est de brasser sur place et de vendre sur place. Nous souhaitons que les gens viennent prendre une bière au pub. Avec la récente modification dans la règlementation permettant le remplissage de cruchons et de les ramener chez soi, les gens pourront en apporter à la maison. C’est un objectif à moyen terme, nous ne pensons pas l’offrir dès le départ, afin d’être certains d’avoir bien ajusté la production.

EAS : Vous comptez offrir des bières régulières seulement ou vous souhaitez essayer, faire découvrir des bières régulièrement?

BM : Les deux sont importants. Il faut des bières de base, qui fonctionnent. Il faut aussi être créatifs et offrir des bières qu’on essaie, qu’on fait découvrir, et des bières de saison. Notre équipement nous le permettra, puisque nous ne brasserons pas des grosses quantités à la fois. Nous allons aussi nous adapter aux modes et aux envies de nos clients.

EAS : Vous êtes deux, avec vos familles impliquées. Vous n’avez pourtant jamais travaillé dans des microbrasseries. Où avez-vous appris à brasser de la bière?

BM : Nous avons tous deux commencé jeunes, autour de 19-20 ans. Nous avons commencé avec des « kits » à mélanger, puis nous sommes passés au tout grain. Nous avons vraiment appris dans nos garages, mais nous savons que nous allons apprendre toute notre vie. Récemment, pour que le projet aboutisse, nous avons dû aller suivre des formations et faire des tests officiels, afin de démontrer que nous savons bel et bien brasser de la bière.

EAS : Avez-vous une date de démarrage?

BM : Nous visons le printemps 2018, et nous sommes persuadés d’y arriver. Il se sera passé trois ans depuis le tout début de notre projet commun. Si nous avions loué un local commercial, nous aurions démarré depuis longtemps. Ce n’était pas notre projet. Nous tenons au cachet, à faire partie du noyau villageois, à notre terrasse.

EAS : Il y aura donc une terrasse?

BM : Oui, une terrasse, la plus belle de Mascouche! Grande, boisée, il y a un arbre de plus de 100 ans sur le terrain. Nous envisageons de faire des feux de foyer dehors, avec des chansonniers et même des clients qui apportent leur guitare au bord du feu.

EAS : Je vous amène sur l’offre, ou l’absence d’offre de ce type dans la MRC Les Moulins, vous serez les premiers à ouvrir une brasserie artisanale.

BM : Oui, effectivement. À notre avis, tous les quartiers, tous les villages, toutes les villes devraient avoir leur pub. C’est un endroit rassembleur. Les gens s’y rencontrent, ils s’y sentent chez eux, c’est chaleureux. Nous n’ouvrons pas un bar, c’est une brasserie artisanale, les gens vont venir pour découvrir nos bières. Nous souhaitons partager notre passion avec nos clients. Les gens de Mascouche pourront venir à pied ou à vélo, comme dans un pub de quartier.

EAS : Vous prévoyez combien de séries de fûts?

BM : Une dizaine, environ. Ce ne sera pas dix bières à nous, mais nous aurons des bières invitées, et un cidre. Nous-mêmes, comme consommateurs, nous apprécions avoir l’opportunité de goûter des bières d’ailleurs lorsque nous allons dans des microbrasseries, et ce sera particulièrement apprécié par les clients réguliers.

L’espionne culinaire tient à remercier les gens passionnés de Brasserie Mascouche pour leur accueil. Ce fut une rencontre passionnante, et il reste tant à raconter : les personnes qui sont l’âme de ce projet et leur histoire, la naissance du projet, sans parler de ce qui ne peut être dévoilé. Gageons que ce ne sera pas la dernière fois que les lecteurs de l’Espion de Quartier entendront parler de Brasserie Mascouche. L’espionne culinaire a également eu l’occasion de goûter aux bières brassées pour l’instant à la maison par les brasseurs. Les types de bières dégustées sont : IPA américaine, Brown Ale, Kolsch, Session IPA, Stout aux framboises. De bonnes bières dont quelques-unes se démarquaient particulièrement, comme la stout aux framboises, qui a réussi, fait rare, à plaire à l’espionne culinaire qui n’affectionne pas particulièrement les bières sûres. Des gens passionnés et généreux aux commandes, c’est déjà gage de succès n’est-ce pas?