Faire partie du mouvement

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Faire partie du mouvement

Par Hugo Valiquette

Depuis près de 20 ans, j’ai le plaisir d’appartenir à un mouvement dont je suis très fier, soit l’action communautaire autonome du Québec. Vous connaissez sans aucun doute un organisme communautaire autonome, sans toutefois le savoir. Les maisons de jeunes, les centres d’action bénévole, les groupes d’alphabétisation, la défense collective des droits, les médias communautaires. Quel extraordinaire réseau de soutien disponible et présent pour la population! Bien sûr, c’est quand nous avons besoin de ces organismes que nous les découvrons. Toutefois, pourquoi attendre?

Dans notre nom, il y a le mot « autonome » qui parfois sème la confusion. Est-ce qu’on parle d’autonomie financière? Pas du tout. Nous parlons ici d’autonomie d’action. Au Québec, en 2001, le gouvernement québécois a eu l’audace d’adopter la Politique de reconnaissance de l’action communautaire, un outil gouvernemental qui venait baliser officiellement le rapport entre l’État québécois et les organismes communautaires. En plus de reconnaître l’action de ces organismes, on venait expliquer les caractéristiques inhérentes à ce qui constitue l’essence de ce mouvement. Nous sommes le seul modèle de ce type… probablement au monde! Le gouvernement investit financièrement dans les organismes afin qu’ils réalisent la mission pour laquelle les citoyennes et citoyens les ont créés. C’est une reconnaissance de l’expertise citoyenne. On fait confiance à la population qui a identifié les problématiques et trouvé des solutions afin de faire de la transformation sociale. C’est tout à fait inédit! Les communautés se prennent en main et changent le monde, une action à la fois.

De plus, ce mouvement social québécois repose sur la participation des citoyennes et des citoyens, entre autres comme bénévoles, personnes impliquées, militants et sur les conseils d’administration. Les gens rassemblés misent sur leur réalité, leurs expériences et leurs aspirations pour répondre collectivement aux situations vécues par des milliers de personnes. Le mouvement communautaire autonome est à la source de plusieurs changements sociétaux. Par exemple, les CLSC et l’aide juridique sont des réalisations provenant d’organismes communautaires autonomes. Le gouvernement a institutionnalisé ces réseaux, compte tenu de l’impact positif sur les communautés.

J’ai la chance de faire partie de ce mouvement depuis maintenant 19 ans et je peux vous dire que j’ai vu de nombreuses histoires tout simplement extraordinaires. Je vous invite à découvrir les organismes communautaires autonomes de votre MRC. Vous serez surpris de tout ce qui se réalise chez nous!

« Peu importe ce qu’on pourra vous dire, les mots et les idées peuvent changer le monde. »
— Peter Weir, Le Cercle des poètes disparus.