Donald Trump a 71 ans : réflexions sur la jeunesse

Donald Trump a 71 ans : réflexions sur la jeunesse

Donald Trump a 71 ans : réflexions sur la jeunesse

Par Mathieu Bélanger

Mes étudiants, pour la plupart progressistes sur les enjeux sociaux, ont beaucoup de difficulté à comprendre les positions défendues par Donald Trump, particulièrement en ce qui concerne l’avortement, les transsexuels, les immigrants et, surtout, les changements climatiques. En tant qu’enseignant de science politique, je tente alors de leur expliquer le raisonnement du président américain. Malgré cela, et sans mauvais jeu de mots, il y a un mur qui sépare les idées de Trump de mes étudiants.

Évidemment, plusieurs éléments expliquent cette différence d’opinions politiques. Dans le cadre du présent texte, je ne m’arrêterai qu’à un élément : Donald Trump a 71 ans. Il a vécu toute sa vie avec certaines idées concernant la façon dont le monde doit fonctionner et, à son âge, il est plus rare que les gens changent d’idée (bien que ça puisse arriver, bien sûr). Pour garder l’exemple des changements climatiques, ce n’est que depuis quelques années que les scientifiques s’entendent pour dire qu’ils sont causés en bonne partie par l’activité humaine. Il peut alors être difficile pour certaines personnes d’accepter un tel changement par rapport aux croyances détenues pendant toute leur vie. De l’autre côté, pour mes étudiants, cette réalité est aussi admise que le fait que la Terre tourne autour du Soleil. Bref, les jeunes vont souvent adopter plus facilement des idées différentes de leurs aînés. Bien sûr, certaines personnes plus âgées demeurent très allumées et gardent un cœur et des idées jeunes, tandis que des jeunes adhèrent à des philosophies dépassées. Mais une tendance générale se dégage quand même.

Les jeunes dérangent. Et les jeunes DOIVENT déranger. C’est ce qui permet à la société de progresser. C’est notre grande force, aux humains, que le changement de génération permet d’adopter de nouvelles façons de faire, de nouveaux idéaux. C’est un élément fondamental qui nous distingue des animaux, qui opèrent toujours de la même façon.

Et c’est pourquoi il faut se réjouir lorsque des jeunes s’impliquent en politique et que nous devons les encourager. Dans la région, nous avons déjà un certain nombre d’élus locaux qui sont jeunes. De même, d’autres ont annoncé leur intention de se présenter lors des prochaines élections municipales, tant à Mascouche qu’à Terrebonne, et ce, pour divers partis politiques différents. Puis, je vous présente dans ce numéro un nouveau mouvement politique qui est lancé dans notre région, regroupant là aussi des jeunes allumés et inspirants.

Personnellement, je suis fier d’habiter une région aussi dynamique et aussi ouverte à la jeunesse. C’est ainsi que nos mœurs politiques peuvent changer. La « politique autrement », ce sont eux les mieux placés pour la faire. Écoutons les jeunes, même si parfois on a l’impression qu’ils n’ont pas compris comment fonctionne le monde réel. Écoutons-les surtout lorsqu’on a cette impression.

« Ce monde demande les qualités de la jeunesse : pas une période de la vie, mais un état d’esprit, une tempe de la volonté, une qualité de l’imagination, une prédominance du courage sur la timidité, de l’appétit de l’aventure sur l’amour de l’aisance. C’est un monde révolutionnaire dans lequel nous vivons et donc […] ce sont les jeunes qui doivent prendre la direction. »
– Robert F. Kennedy, 1966