D’ici l’an prochain…

D’ici l’an prochain…

Bhuta Yoga – Jan/Fev 2018


D’ici l’an prochain…

Par Mathieu Bélanger

Réglons d’abord la question de l’heure. Au moment de lire ces lignes, vous connaissez une information que j’ignore au moment de les écrire, à savoir les résultats des dernières élections municipales. J’aborderai conséquemment celles-ci dans le prochain numéro de L’Espion de quartier. Pour le présent numéro, je me concentre plutôt sur les élections provinciales, prévues pour l’automne 2018.

 

Nous sommes à un an des prochaines élections générales provinciales. Un tiers parti, de centre-droit, obtient des victoires inattendues dans des élections partielles. Le parti au gouvernement se sent menacé par ce tiers parti que rien ne semble pouvoir arrêter, tandis que l’Opposition officielle est essoufflée et n’inspire tout simplement pas. Un vent de changement souffle sur le Québec.

Scénario familier? Sûrement. Mais cette situation est celle du Québec… en 2002 (et incidemment, le sujet de mon mémoire de maîtrise). À ce moment, l’Action démocratique du Québec (ADQ), tiers parti marginal jusqu’à ce moment-là (ayant un seul député, Mario Dumont), obtenait des gains dans des élections partielles et récoltait 40 % d’appuis dans les sondages. Pourtant, un an plus tard, au moment du déclenchement des élections générales, le PQ était devenu le favori de l’opinion populaire, avant de se faire battre par le PLQ le jour du vote. Bref, en un an, trois partis politiques ont trôné dans les intentions de vote à tour de rôle.

On dit souvent qu’en politique, six mois, c’est une éternité. Il peut donc s’en passer des choses d’ici un an. À ce stade-ci, aucun parti provincial n’obtient un appui populaire certain. Tous les partis peuvent donc espérer raisonnablement pouvoir l’emporter. Mais de l’autre côté, tous les partis peuvent réalistement subir une dégelée l’an prochain.

D’ailleurs, on sent une certaine fatigue face au gouvernement libéral, qui aura été au pouvoir pendant pratiquement 15 ans. Pour ce qui est du Parti québécois, son option semble déconsidérée chez une bonne partie de l’électorat, notamment les jeunes. Quant à la CAQ, le poids de l’Histoire joue contre elle : la dernière fois qu’un tiers parti a gagné au Québec, ça remonte à 1976 lors de la première victoire… du Parti québécois! Ça en prend beaucoup pour que les gens quittent leurs habitudes et fassent confiance à un parti qui n’a jamais gouverné.

Ainsi, on peut s’attendre à ce que la prochaine année soit pleine de rebondissements, chaque parti tentant de démontrer qu’il est le seul à incarner un « vrai changement ». Dans tous les cas, la côte sera dure à montrer. Mais les Québécois recherchent un parti qui peut à la fois être sincère et qui a une vision d’avenir. Voilà le défi qui est lancé aux politiciens québécois. Il reste un an pour le relever.

« Il faut être très prudents avec les partielles. »
– François Legault, 12 avril 2016