De son cœur à votre ventre!

De son cœur à votre ventre!

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De son cœur à votre ventre!

Par Élisa-Ann Sourdif

Une passion pour les beaux et bons produits et un sens inné du service à la clientèle sont les ingrédients de base du succès de Chantal Héroux et de son épicerie fine Saveurs Unies. En octobre 2016, la sympathique propriétaire célébrait son sixième anniversaire d’acquisition de ce commerce dont la réputation n’est plus à faire auprès des amateurs de bière et de produits fins de la MRC Les Moulins.

EAS : Tu célèbres ces jours-ci ton sixième anniversaire d’acquisition, mais Saveurs Unies a pignon sur rue à Terrebonne depuis combien de temps?

CH : La boutique existe depuis onze ans. Les premiers propriétaires l’ont démarrée dans le Vieux-Terrebonne, c’était tout petit. Ils l’ont ensuite déménagé sur le boulevard des Seigneurs, à l’ancien emplacement où moi j’ai acheté des deuxièmes propriétaires.

EAS : Et toi, tu arrivais d’où?

CH : Je cherchais une maison à Terrebonne. Je suis tombée sur les annonces commerciales par hasard et j’ai vu « Saveurs Unies ». Ça ne coûtait rien d’aller voir alors, j’ai appelé. Ça avait l’air intéressant, et moi je rêvais d’un salon de thé. Ça a tourné autrement, je n’ai jamais fait de salon de thé, mais j’ai fait mon offre et en six semaines, j’étais devenue propriétaire.

EAS : Avais-tu déjà eu une entreprise, te voyais-tu comme une entrepreneure?

CH : Non. La première journée où je me suis retrouvée seule à la boutique, je me suis dit : « Qu’est-ce que j’ai fait? ». Puis, les premiers clients qui sont entrés, c’est ceux qui ont « Toque et tablier », le père et la fille. Ils commençaient eux aussi et c’est là que notre association est partie.

EAS : Ta première association avec un fournisseur.

CH : Oui. J’ai toujours aimé les produits fins, les épices, mais je n’allais pas nécessairement dans les épiceries fines. Quand j’ai commencé, je devais faire beaucoup de recherches, pour dénicher des trouvailles et des coups de cœur. Mon ancien conjoint, qui m’a beaucoup soutenue lorsque j’ai débuté, m’avait dit : « Un jour, les gens vont t’appeler pour que tu vendes leurs produits ». Aujourd’hui, six ans plus tard, c’est ça qui se passe. Les fournisseurs m’approchent d’eux-mêmes.

EAS : Ce revirement de situation s’est produit quand?

CH : Il y a trois ans.

EAS : Cela coïncide avec ton changement de local?

CH : Oui. J’ai passé trois ans à l’ancien emplacement, qui était très petit. Une fois arrivée ici, je me disais, c’est beaucoup trop grand. Eh bien non. C’est encore trop petit.

EAS : Comment choisis-tu tes fournisseurs?

CH : J’aime beaucoup travailler avec des petits fournisseurs. Des entreprises familiales, qui font des produits vraiment uniques. Quand je tombe en amour avec un produit, je le vends! Lorsqu’un client me demande un produit, je me renseigne et j’essaie de l’avoir. Je m’inspire aussi dans des endroits comme le Marché Jean Talon, et même en voyageant au Québec. Par exemple, j’adore les produits de l’île d’Orléans. Un été, j’y suis allé et j’ai fait le tour.

EAS : Est-ce que ça t’arrive de refuser des fournisseurs qui t’approchent?

CH : Oui. Généralement, c’est des importations. J’hésite beaucoup à aller avec ça parce que moi, c’est les produits québécois que je veux mettre de l’avant. On s’entend, certains produits comme l’huile d’olive ou les vinaigres balsamiques ne viennent pas du Québec, mais j’apprécie quand il y a une appartenance comme les propriétaires de La Belle Excuse : ils ont leur terre en Grèce, leur entrepôt à Saint-Liguori et ils y font l’embouteillage. Ils font aussi des produits dérivés à partir de produits québécois.

EAS : Quels sont les trois produits qui se vendent le mieux, qu’est-ce que les gens de chez nous achètent dans une épicerie fine?

CH : La bière, bien sûr. L’huile d’olive, de toutes les sortes. En vrac, c’est un peu plus de travail, mais ça s’en vient. Les épices. Les gens cuisinent de plus en plus avec des épices non moulues.

EAS : As-tu beaucoup de fournisseurs d’ici, Lanaudière ou Les Moulins?

CH : J’en ai vraiment beaucoup. Dans le choix de mes fournisseurs, j’essaie de favoriser Lanaudière. Ma perception des endroits et mon sentiment d’appartenance peuvent avoir une influence sur mes choix de produits. J’aime aussi quand je peux parler de mes fournisseurs, dire à mes clients d’aller sur place. Les entreprises familiales aussi, j’aime connaître l’histoire derrière l’entreprise.

EAS : Tu parles d’appartenance, est-ce que c’est pour cela que tu as placé un réfrigérateur avec les bières de la Brasserie Les Deux Frères en évidence dans l’entrée?

CH : Oui, c’est des gars de Terrebonne et pour moi, ça va de soi. Même si les gens peuvent en acheter en épicerie, elles se vendent bien ici. Je travaille d’ailleurs sur un spécial du vendredi soir incluant ces bières, le but étant toujours de faire découvrir de nouveaux produits aux clients. J’essaie d’encourager le plus possible les gens de chez nous. Je le fais aussi en m’impliquant, avec les bières La Barreuse et La Rameuse que je vends au profit du Club d’Aviron de Terrebonne. Je m’implique beaucoup dans la communauté, également avec les scouts de Terrebonne, Éclipse le groupe vocal et divers projets. C’est important pour moi, et je le fais de différentes manières, avec les bières pour le club d’aviron, en commanditant, en offrant des certificats cadeau à faire tirer et même en faisant du bénévolat.

EAS : Noël s’en vient, si tu avais à faire un cadeau avec des produits lanaudois que tu tiens ici, chez Saveurs Unies, qu’est-ce que tu offrirais?

CH : Je conseille souvent un  vinaigre avec une huile de la Belle Excuse. Ça se donne bien, les gens peuvent cuisiner avec, c’est donc polyvalent. Les produits de Simon Turcotte, confiturier sont aussi incontournables et il y en a pour tous les goûts. De plus, Simon ne travaille qu’avec des produits du Québec, ce qui est d’autant plus intéressant.

EAS : En terminant, après six ans, quels sont tes rêves pour Saveurs Unies?

CH : Je trouve que ce qui manque à Terrebonne, c’est un espace comme le Marché des Saveurs, avec des fruits et légumes, des fromages, de la viande, des alcools québécois, réunis sous le même toit. Je rêve d’avoir ma boutique au sein d’un endroit de ce genre, à Terrebonne. Moi, je m’occuperais de l’épicerie fine et de la bière. Ça, c’est un rêve pour moi.