Artisans du sucre

Artisans du sucre

Artisans du sucre

Par Élisa-Ann Sourdif

Il y a quelques années, dans le cadre de mon emploi étudiant aux Fêtes gourmandes de Lanaudière, je découvrais un artisan exubérant, passionné, qui faisait déguster ses délices sucrés coiffé d’un chapeau de fou du roi. Le Sucrier fou. J’avais pour tâche, entre autres, de guider les journalistes sur le site. Le Sucrier fou était, pour moi, une valeur sûre pour un arrêt puisque le kiosque était beau, les produits excellents et l’accueil impeccable. Aujourd’hui, plusieurs années plus tard, je vis à deux pas de la boutique. Comme c’est toujours, à mon esprit, une valeur sûre, j’ai décidé de faire découvrir à mes lecteurs cette entreprise familiale de La Plaine, Le Sucrier Fou. Rencontre avec Benjamin Alarie, propriétaire fou.

EAS : Benjamin Alarie, je vois sur votre veste de chef qu’il est inscrit « Propriétaire fou »?

BA : Oui, propriétaire fou, je l’assume. C’est la marque de commerce, et le Sucrier fou est né d’un brainstorm entre amis. J’ai un ami qui m’a dit : « T’es fou de te partir en affaires », et j’ai dit : « Ça y est, tu viens de trouver mon nom : Le Sucrier fou ». Le magasin est ouvert depuis déjà dix ans, à La Plaine, dans le même centre d’achats qu’au départ.

EAS : Il y a pourtant peu d’entreprises artisanales dans l’alimentation à La Plaine.

BA : Très peu. C’est malheureux parce que les gens tiennent pour acquis qu’il n’y en a pas et n’explorent pas leur quartier. Il y a de très beaux commerçants ici, mais les gens ne sont pas assez curieux. Nous avons une clientèle habituelle, mais je ne vous dirais pas, même après dix ans et malgré l’explosion démographique, que c’est facile. Nous avons l’avantage d’aller en festivals, parce que notre produit se transporte bien. Les ateliers sont également un autre moyen d’aller toucher d’autres clientèles.

EAS : Il faut aller chercher les gens un par un?

BA : Oui. C’est pour ça qu’on fait de la dégustation, qu’on est dans les festivals, les marchés publics.

EAS : Vous vous décrivez comme des « Artisans du sucre ». Qu’est-ce que ça signifie concrètement?

BA : Nous ne sommes pas seulement chocolatiers. Nous faisons des tartinades, des caramels, des confitures, du fudge, des sucres à la crème, du chocolat. Nous faisons des purées de fruits pour l’intérieur de nos chocolats. Nous sommes des artisans du sucre parce que nous transformons le sucre de plusieurs façons, plusieurs formes.

EAS : Qu’est-ce que vous faisiez avant d’être le Sucrier fou?

BA : Nous étions dans le métier, nous avons toujours fait ça. Nous développions des concepts pour d’autres entreprises. Nous avons été approchés pour faire du fudge et du sucre à la crème à grand volume. C’est là qu’est parti le Sucrier fou. Nous faisons encore ce volet-là, de la marque privée qu’on appelle. Et nous avons le volet plus artisanal. Quoique tout ce que nous faisons est artisanal. Notre production est faite ici, sur place, à la main. Nous n’avons pas de production industrielle.

EAS : Le Sucrier fou, c’est une entreprise familiale?

BA : Oui, ma conjointe Mélanie est avec moi, nos deux filles nous aident. Mes beaux-parents viennent souvent aider, ma mère et son copain aussi. Mélanie et moi nous sommes rencontrés à l’école, à l’ITHQ, dans notre cours de pâtisserie. Quand on dit que les étoiles s’alignent… Moi, je suis cuisinier-pâtissier et elle est pâtissière, spécialisée en chocolaterie.

EAS : Avez-vous d’autres employés?

BA : Oui, deux employés, autant sur la production qu’en service à la clientèle.

EAS : J’imagine qu’il ne suffit pas de savoir travailler le produit pour que ça fonctionne?

BA : Il faut savoir le vendre, l’expliquer, donner des conseils. Je suis chef corporatif pour plusieurs entreprises et avec la Tournée des chefs Goûtez le Québec, je fais de la scène un peu partout au Québec. Nos produits sont excellents sur des rôties, mais qu’est-ce qu’on fait après? C’est plus que des confitures, nous avons toujours des recettes à donner à la clientèle.

EAS : Vous faites aussi des ateliers Mini-chocolatier. Vous les faites à même les cuisines qui servent à la production?

BA : Exactement. Nos équipements de production sont sur roulettes. Nous déplaçons tout et ne conservons que les tables de production, pour que les enfants puissent bien circuler.

EAS : Vous offrez ces ateliers depuis combien de temps?

BA : Depuis un peu plus de deux ans. Ça fonctionne très bien. Nous faisons les ateliers et des fêtes d’enfants. Les ateliers, c’est pour les fêtes : Noël, Saint-Valentin, Pâques, fête des Mères, fête des Pères et Halloween. L’atelier se tient toujours la fin de semaine précédant la fête. Les fêtes d’enfants se tiennent de façon ponctuelle, sur réservation. Tous nos ateliers sont d’une durée d’une heure trente, mais pour les fêtes d’enfants, on prévoit une demi-heure de plus si les parents désirent apporter du gâteau et des cadeaux.

Le Sucrier fou est situé au 5500, rue Rodrigue, local 122, à Terrebonne. Il est possible de les suivre sur Facebook et de consulter leur site web au www.lesucrierfou.com.

Pour obtenir plus d’informations, les propriétaires du Sucrier Fou recommandent de se déplacer et d’aller les voir à La Plaine, dans leur boutique. Après tout, il n’y a rien de mieux que de voir, sentir et goûter pour découvrir un produit alimentaire, comme le dit si bien Benjamin Alarie!