Achetez local, sauvez le monde

Achetez local, sauvez le monde

Achetez local, sauvez le monde

Par Martin Théorêt

Adeptes de jeux vidéos? Justiciers d’un jour? Ou tout simplement, cherchez-vous à faire le bien et éviter de faire le mal? C’est évident, vous direz. Pourtant, des gestes si simples, posés par chacun de nous, au quotidien, font la différence sur une échelle planétaire. « Pas encore le discours de chaque petit geste compte! » Oui, parce qu’on ne le dira jamais assez, vous êtes ce que vous consommez, mais beaucoup plus largement, votre monde est le reflet de votre mode de consommation. Et si vos choix avaient le pouvoir de changer ce monde?

J’ai vu un superbe chandail au magasin, je le veux, je ne peux pas y résister. Pourquoi? J’en ai déjà une vingtaine dans ma garde-robe… Mais ils ne sont pas aussi beaux, pas aussi neufs, pas aussi… uniques que celui-là. Et en plus, il n’est pas cher! Tant pis, je l’achète, il est tellement beau que je vais le réserver pour une occasion spéciale. Et les jours passent, et les semaines passent, et les années passent, puis, lors du ménage du printemps trois ans plus tard, on redécouvre ce fameux chandail, que l’on n’a jamais porté, avec encore les étiquettes accrochées au collet.

Ouin, peut-être je n’aurais pas dû l’acheter

Nous avons tous déjà vécu ce scénario une ou plusieurs fois dans notre vie. C’est à la limite prévisible, et pourtant. Le chandail est un exemple, il y a la nourriture achetée ou commandée en trop, la deuxième paire de souliers, les gants, le tournevis ou le rouge à lèvres acheté en double, le sac à dos, le sac à main… Sur une vie, c’est beaucoup d’argent, beaucoup de temps, et tout ça pour rien! Trop jeunes pour y penser, on s’en fiche un peu et l’on passe au prochain appel. À 60 ans, avec le recul, on se dira tous, et c’est une prédiction, « avoir su… avoir été plus mature… », mais vous savez quoi? À 60 ans, il sera trop tard. Ce sera fini, « kaput », comme dirait Stéphane Dion.

Facilement, vous pouvez éviter cette prédiction, il s’agit tout juste de réfléchir, résister aux impulsions, résister à la tentation. Dites-vous que le seul désir des grandes chaînes est de vous voir y dépenser un maximum de votre argent, si vous pouviez y vider vos poches, ils seraient encore plus heureux. Misez sur vous, misez sur votre avenir, réfléchissez un tout petit peu avant d’acheter. Vous pourriez sauver une partie de vous, de vos économies, mais qu’en est-il de sauver le monde?

Aussi utile que d’écrire que le ciel est bleu, j’écris que les produits que nous achetons sont fabriqués à l’international, outre-mer. Mes souliers ont été fabriqués au Bangladesh, mes pantalons en Chine et ma chemise en Inde. Bof, ça fait travailler du monde et ce n’est pas cher. C’est tout?

Vous avez sans doute vu sur Facebook début février les images et vidéos de centaines de baleines échouées sur une plage de Nouvelle-Zélande.

C’est la faute à votre chandail!

C’est un peu simpliste de porter une telle accusation. N’empêche, tous les biens fabriqués à l’étranger nous sont acheminés en quasi-totalité par bateau. Les bateaux cargos ont des moteurs qui émettent des fréquences graves extrêmement assourdissantes pour les baleines, au point où elles deviennent carrément folles. Et des cargos, il y en a des centaines en tout temps sur les mers. Si chacun de nous se procurait un chandail inutile de moins, ce serait un bateau de moins sur l’eau. Si chacun de nous achetait ses vêtements chez des artisans, manufacturiers, producteurs locaux, ce serait des dizaines de bateaux de moins sur les eaux.

Achetez local, sauvez le monde.

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