EDQ-médias : Une coopérative dans le domaine des communications dans la communauté moulinoise

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Une coopérative dans le domaine des communications dans la communauté moulinoise

De plus en plus d’entreprises incorporées effectuent un transfert vers le modèle d’économie sociale, sous forme d’organisme à but non-lucratif, de mutuelle ou de coopérative.  Ce processus, guère plus complexe et long que celui de repreneuriat d’une entreprise par la famille ou d’autres actionnaires, fait ses preuves de façon croissante dans le monde économique comme une solution offrant de nombreux avantages à la fois monétaire et social.

C’est d’ailleurs le cas de L’Espion de Quartier qui, après trois ans d’existence,  est passé d’un statut de compagnie avec actionnaires à celui de coopérative, et ce, depuis le 17 décembre dernier.  En plus de décentraliser et démocratiser les responsabilités liées à sa gestion, ce modèle permettra le déploiement à moyen et à long terme de nombreuses initiatives dans la communauté.

Constituée d’une équipe de cinq membres, la coopérative QDR-médias poursuivra l’édition de L’Espion de Quartier tout en utilisant la force de mobilisation de ses membres pour s’ancrer dans la MRC les Moulins.

Pour l’occasion, afin de vous présenter les motivations qui ont mené à ce transfert, nous avons produit une édition spéciale portant sur l’actualisation des prémisses de l’économie sociale au Québec, mais surtout dans notre région. Un portrait québécois et régional de l’entreprenariat collectif vous sera présenté, pour ensuite dépeindre la réalité des coopératives lanaudoises et moulinoises.  Pour l’occasion, nous avons donné la parole à quelques représentants locaux de ce mouvement, afin qu’ils puissent nous en partager leur vision. Vous y découvrirez, nous l’espérons, une forme d’économie, qui loin d’être une mode de passage, démontre chaque année sa grande polyvalence et son innovation.

Économie sociale : l’économie à échelle humaine

L’économie sociale, quoique davantage connue et intégrée dans les débats publics depuis une vingtaine d’années, est présente dans le portrait  socioéconomique du Québec depuis plus d’un siècle et demi.

Cette conjugaison indissociable entre des visées économiques et sociales est rapidement devenue une alternative, à la fin du 19e siècle, pour protéger, entre autres, les intérêts et les conditions des ouvriers durant la période industrielle. En 1900, événement phare pour l’économie sociale, M. Alphonse Desjardins fonde la première caisse populaire à Lévis, devenu aujourd’hui Mouvement  Desjardins. Il faudra attendre 1996, lors des deux sommets socioéconomiques organisés par le Gouvernement de Lucien Bouchard, pour vraiment parler d’une organisation objective de l’économie sociale au Québec.

C’est d’ailleurs à l’occasion de ces sommets que le Chantier de l’économie sociale du Québec a proposé une définition qui sert toujours de référence au niveau national :

L’économie sociale combine deux termes qui sont parfois mis en opposition : économie et sociale.

L’économie renvoie aux notions de production, de distribution et de vente de biens et de services comme forme d’organisation contribuant à une augmentation nette de la richesse collective.

Le terme social, tant qu’à lui, renvoie à la rentabilité sociale, et non purement économique, des activités d’une entreprise. Cette rentabilité ne s’évalue donc pas en richesse monétaire, mais bien par l’amélioration concrète de la qualité de vie et du bien-être de la population et de la communauté desservies par l’entreprise.

(Inspirée de la définition du Chantier économie sociale, 1996)

En somme, c’est d’utiliser l’économie au service du social, en rassemblant une communauté autour d’un objectif commun et la volonté de participer à un projet économiquement viable.

En 2013, l’économie sociale a été reconnue officiellement par l’Assemblée nationale par la création de la loi 27.  En plus de baliser, de reconnaitre et de promouvoir cette forme d’économie, elle incite les instances publiques à prendre en considération celle-ci dans leurs mesures afin d’en soutenir le développement et l’émergence. (Ministère de l’économie et de l’innovation du Québec, 2016)

Au Québec, cela représente 7 000 entreprises collectives réparties dans toutes les régions, cumulant un chiffre d’affaire de plus de 40 milliards de dollars et déployant plus de 210 000 emplois. (Chantier de l’économie sociale, 2017)

Mouvement économique aux finalités sociales en plein essor dans une multitude de secteurs d’activité, l’entreprenariat dit collectif regroupe les coopératives, les mutuelles, les entreprises d’aide à domicile, les centres de la petite enfance, les organismes de loisirs et de tourisme, les organismes à but non-lucratif effectuant des activités marchandes, les coopératives funéraires, les centres de travail adapté, etc.

L’économie sociale se distingue d’abord et avant tout par les principes et les valeurs qui sous-tendent l’ensemble de ses actions. Comme il est nommé dans le plan d’action gouvernemental en économie sociale : la coopération propre à l’économie sociale n’est pas un concept, mais bien une façon de penser et d’agir.  Voici quelques notions propres aux entreprises d’économie sociale :

  • la finalité de l’entreprise est de servir les besoins de ses membres ou de la collectivité plutôt que de simplement engendrer des profits
  • il y a redistribution et appartenance du capital de l’entreprise à la communauté
  • l’entreprise bénéficie d’une autonomie d’action et de gestion face à l’État
  • la structure décisionnelle de l’entreprise permet l’émergence d’une gestion participative
  • il y a participation économique des membres à l’entreprise, via une part sociale
  • une réelle coopération s’actualise entre les diverses entreprises d’économie sociale

Mais, fait à ne pas négliger et que la plupart des personnes interviewées pour l’article nous ont mentionné, une entreprise d’économie sociale reste une entreprise d’abord et avant tout, qui génère des profits comme des pertes, comme en entreprise privée. Quelles soient privées ou collectives, l’aspiration à une viabilité économique des entreprises est tout à fait saine.  Toutefois, la richesse créée par une entreprise sociale, se doit d’être utile socialement parlant et d’être redistribuée à ses membres et à la communauté.

Bref, au-delà de ses principes théoriques et éthiques, voyons comment l’économie sociale prend forme dans Lanaudière et comment ses valeurs s’y déploient.