Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ) ; l’innovation des coopératives

Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ) ; l’innovation des coopératives

– Entrevue avec M. Evan Murray – directeur général du  bureau régional Lanaudière-Laurentides –

La CDRQ compte treize bureaux régionaux partout au Québec qui offrent des services techniques aux coopératives en cours de démarrage ou celles déjà existantes nécessitant un accompagnement.

Selon M. Murray, la première année de démarrage d’une coopérative est charnière dans le processus, apportant son lot de premières fois. C’est pourquoi la CDRQ offre des services d’expert-conseil pour accompagner la création identitaire, légale et entrepreneuriale des coopératives afin d’en camper solidement les fondations et traverser les étapes inhérentes à leur formation.

De plus, selon les demandes des coopératives déjà existantes, des consultations sont offertes pour la consolidation et le redressement de celles-ci. La CDRQ est aussi présente lors des relèves d’entreprises incorporées qui effectuent le transfert vers le modèle coopératif,  comme L’Espion de Quartier.

Une coopérative c’est quoi?[1]

Une coopérative est une entreprise fondée par un groupe de personnes qui souhaitent satisfaire des besoins communs et qui s’associent pour exploiter une entreprise.

 

Une coopérative comporte deux volets :

  • Une structure d’association de personnes qui fonctionnement selon des principes démocratiques, avec un conseil d’administration et une assemblée générale annuelle;
  • Une structure d’entreprise similaire à celle d’une entreprise privée, avec des directions, des employés, etc., qui est gérée par le conseil d’administration.

Il existe cinq catégories de coopératives :

  • Coopérative de travail; gérée démocratiquement par les membres qui en sont les employés (Groupe GESTA, etc.)
  • Coopérative de consommateurs; la coopérative fournit des biens et services à ses membres pour leur usage personnel (CPE, coopérative d’habitation, etc.)
  • Coopérative de travailleurs actionnaires; regroupement de travailleurs qui possèdent du capital-actions de l’entreprise privée qui les emploie (Vanico-Maronyx, Xpertdoc, etc.)
  • Coopérative de producteurs; producteurs qui se regroupent pour bénéficier d’avantages économiques liés à l’exercice de leurs opérations (taxi, Marché public de Joliette, etc.)

Coopérative de solidarité; regroupement d’utilisateurs et d’employés regroupés pour répondre à des besoins communs  (entreprises d’aide à domicile, le Café culturel de la Chasse-Galerie, etc.)

[1] Sources : Ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec et Coopérative de développement régional du Québec

La tangente régionale dans le domaine coopératif  

Une grande tendance dans Lanaudière est la création de coopératives dans le domaine de la production maraîchère. L’idée : travailler la terre en commun et adopter des pratiques durables, écologiques et biologiques. Un bel exemple est la Coopérative de travailleurs La Shop à légumes, à Saint-Esprit, qui offre des paniers biologiques. Le modèle coopératif, notamment en milieu rural, permet, selon M. Murray, de conserver des services de proximité essentiels à la vitalité territoriale des régions.

Aussi, il n’est pas rare de voir s’associer, sous le chapeau d’une coopérative, plusieurs entreprises privées pour répondre à un enjeu qu’ils ont en commun, comme la gestion, par exemple, d’un rebus lié à leur production. Par la mobilisation de leur expertise et de leurs ressources, ils peuvent créer une nouvelle forme de production, et ainsi entraîner une certaine circularité économique; élément avantageux autant d’un point de vue économique, qu’environnemental.

Une autre tendance est le rassemblement de partenaires œuvrant dans le domaine touristique. D’emblée concurrents, les différents établissements touristiques se mobilisent de plus en plus afin de créer une offre complémentaire et se doter de tremplins de visibilité communs pour attirer les visiteurs et développer le marché.  Dernièrement, la Coopérative Bonjour Nature a été créée dans l’optique de développer des circuits personnalisés pour faire découvrir la région.

À la fois avantage et défi, le fait de travailler à plusieurs permet une force du nombre engendrant des tremplins et des ressources considérables pour une entreprise. Le partage des coûts, mais surtout de l’expertise et des contacts, est assurément l’un des grands bienfaits qui a permis l’émergence d’innovations entrepreneuriales dans la région, constate fièrement M. Murray.

Les enjeux et défis régionaux

La rétention de la main d’œuvre est un réel enjeu régional et le modèle coopératif semble être une solution pour contrecarrer cette mouvance. En effet, dans le cas des coopératives de travailleurs actionnaires, comme les brillants exemples des entreprises Vanico-Maronyx et Xpertdoc dans la MRC les Moulins, le transfert vers ce type de coopérative a permis à la fois de faire face aux besoins du marché, d’augmenter la productivité, d’encourager une économie locale et durable, d’assurer la survie de l’entreprise, et ce, tout en augmentant le sentiment d’appartenance des employés. (CDRQ, 2016)

Tout comme son acolyte, M. Murray dénonce une certaine lenteur dans la reconnaissance de ce modèle qui est pourtant en constante augmentation partout au Québec. M. Murray souhaite éviter les « avoir su » d’entreprises qui ignoraient l’existence de ce modèle d’affaires. Sans se targuer que l’économie sociale réponde à tous les besoins, M. Murray affirme qu’elle se doit d’être considérée comme une option sérieuse, qui lorsque expérimentée, témoigne de sa plus-value.

Pour obtenir les services du CDRQ :

450 759-8423

http://cdrq.coop/bureaux-regionaux/lanaudiere-laurentides

https://www.facebook.com/cdrqlanlau/

Liens intéressants :

Conseil québécois de la coopération et de la mutualité : https://www.cqcm.coop/

Coopérative de développement régional du Québec : http://cdrq.coop/

Territoires innovants en économie sociale et solidaire : http://www.tiess.ca/

Chantier de l’économie sociale du Québec : https://chantier.qc.ca/