La beauté du mini

 

La beauté du mini

Par Dany Lavigne

Ma femme Isabelle et moi rêvons de vivre dans une minimaison. Nous aimons écouter les nombreuses émissions qui parlent du sujet et visiter des maisons modèles. Or, depuis qu’un constructeur nous a dit que les règlements municipaux ne permettaient pas ce genre d’habitation à Terrebonne-Mascouche, nous avons reporté le projet à plus tard.

À l’automne dernier, une page Facebook a ravivé nos espoirs. Son instigateur y lançait l’idée d’une coopérative de propriétaires de minimaisons à Mascouche, inspirée du Petit Quartier de Sherbrooke. Grosso modo, chaque ménage possède sa maison et tous partagent le terrain, le stationnement, la piscine, etc. Une bonne partie des espaces verts sont préservés. Malheureusement, aux dernières nouvelles, le projet est sur la glace, faute d’investisseur…

La minimaison est une innovation née aux États-Unis (où on la désigne par le terme « tiny house »). D’une référence à l’autre, les critères peuvent varier, mais on s’entend généralement pour dire que sa superficie doit faire moins de 1 000 pi2. Il faut donc que l’espace soit optimisé au maximum, notamment en privilégiant des meubles multifonctionnels. Bref, la minimaison représente tout le contraire des monster houses typiques de la banlieue!

Qu’est-ce qui peut inciter une famille de trois à déménager dans une demeure plus petite? Tout d’abord, la perspective de se libérer des lourds paiements hypothécaires. L’argent économisé peut être investi dans la qualité et la durabilité. C’est ce qu’a compris la compagnie Tiny Heirloom, située à Portland (Oregon), qui se spécialise dans la construction de minimaisons avec des matériaux haut de gamme. Si nous déménagions dans une de leurs habitations, Isabelle pourrait enfin avoir les jolies armoires dont elle rêve depuis 10 ans!

Bien sûr, les propriétaires de minimaison réduisent aussi leur empreinte écologique. Ils consomment moins d’électricité que ceux qui habitent une demeure unifamiliale moyenne. En outre, comme ils peuvent moins entreposer de biens matériels, ils doivent se contenter de l’essentiel. Amateurs de walk-in remplis de vêtements s’abstenir!

Il existe une option plus écologique que la minimaison : le condo ou l’appartement. Comme le souligne l’essayiste David Owen, « les immeubles à logements multiples [comptent] parmi les types d’habitation les plus efficaces de la planète sur le plan énergétique », en plus d’assurer une forte densité démographique. Toutefois, parce que j’aurais peur de tomber sur des voisins bruyants ou qui ne tolèrent pas mon caniche névrosé, je préférerais quand même une minimaison!

Enfin, un autre argument en faveur des minimaisons est qu’elles sont vraiment mignonnes. Elles ont toutes leur petite personnalité. Ne serait-ce que pour ces considérations esthétiques, toutes les municipalités devraient les accepter.

« Je deviens riche en réduisant mes besoins. »
– Henry David Thoreau