Quand la peur et la désinformation mènent à l’individualisme

Quand la peur et la désinformation mènent à l’individualisme

Par Hugo Valiquette

Depuis longtemps, la force du collectif m’habite et mes différentes expériences m’ont toujours démontré qu’ensemble, nous pouvons réaliser de grandes choses. C’est lorsque nous nous replions sur nous-mêmes, que nous perdons espoir ou que nous ne voyons plus de solutions que nous arrêtons de progresser. Or, quand nous pouvons compter sur d’autres personnes pour nous motiver, nous donner le goût de nous dépasser, nous transmettre de l’énergie, tout devient possible. Or, soyons honnêtes, l’ère actuelle mène à nous individualiser, à nous concentrer sur nos propres situations et à nous réjouir de notre succès personnel. Pourtant, c’est exactement la recette pour perdre nos acquis sociaux et notre avancement en tant que société.

Récemment, le gouvernement québécois annonçait des baisses d’impôts et des baisses de taxes scolaires. Individuellement, les gens sont toujours heureux de payer moins et d’en avoir davantage dans leurs poches. Toutefois, devant ces petites économies, est-ce que nous faisons le bon calcul ? Sommes-nous vraiment gagnants de ces annonces qui ont l’air d’un début de campagne électorale ? Je suis convaincu que nous nous trompons. En diminuant les revenus de l’État, à court terme, cela va plaire à bon nombre de personnes, mais à long terme, l’effet sera d’avoir réduit nos capacités de nous offrir des programmes sociaux et des services publics, qui ont pour effet de diminuer les inégalités sociales. Voilà de bien grands mots pour dire que, collectivement, nous allons avoir moins de ressources financières pour la santé, l’éducation et les autres services offerts par le gouvernement.

Certains d’entre vous diront qu’ils sont en pleine santé et qu’ils n’ont pas envie de payer pour les autres personnes malades. Pourquoi payer pour l’éducation des enfants des autres quand vos propres enfants n’ont pas de difficultés? C’est simple, une vision à très court terme favorise ce type de réflexion. Toutefois, à long terme, qui sait quand il sera frappé par la maladie? Quand il aura besoin d’avoir accès aux systèmes de santé? Connaissez-vous les coûts associés aux différents soins? Tant que nous avons l’assurance-maladie, il est possible de se faire soigner. Toutefois, moins les soins de santé seront accessibles, moins de gens seront soignés. Certains diront qu’on n’a qu’à se payer une assurance privée. Même chose pour les enfants avec des difficultés, les parents n’ont qu’à payer.

Les impôts sont un moyen plus équitable de redistribuer la richesse entre nous afin de nous soutenir les uns, les autres. Par exemple, les régimes publics de retraites seront financés par la nouvelle génération lorsque nous seront rendus des personnes aînées. Vivement une génération éduquée qui a de bons salaires afin de soutenir les générations qui sont rendues à un autre stade de leur vie. Quand on finance des programmes de prévention, nous en sommes toutes et tous gagnants, car une population qui prend soin de sa santé est d’autant plus productive, tant au travail que dans le bénévolat qu’elle effectue pour sa communauté. Être en santé, être éduqué et miser sur la solidarité crée une société prospère où les citoyens sont actifs, épanouis et solidaires.

Au lieu de regarder vers le haut et nous faire confiance, c’est comme si nous préférions le misérabilisme au lieu de faire des gains collectifs. Je crois pourtant qu’il est possible de faire des choix différents, sans pour autant appauvrir les gens avec des impôts impossibles à payer. Toutefois, le discours dominant veut nous faire croire que c’est bien mieux d’être au plus fort la poche. Or, quand est-ce que nous avons été gagnants, tout seuls dans notre coin? L’histoire est remplie de succès collectifs qui nous ont permis d’être ce que nous sommes aujourd’hui. La prochaine année électorale nous permettra d’entendre les idées des différents partis politiques pour prendre soin des québécoises et des québécois.

Je profite de l’occasion pour nous souhaiter collectivement, une année 2018 plus juste, plus équitable, plus collective et plus égalitaire pour nous toutes et tous.

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.
– Proverbe africain