Le congé de maternité, ou les grandes remises en question

Le congé de maternité, ou les grandes remises en question

Par Roxane Bélec

Pour plusieurs nouveaux parents, le fait de devenir mère ou père amène une remise en question quant aux priorités de la vie. Ce fut mon cas aussi! Les longues nuits blanches et les journées à allaiter fatiguent bien des parents, mais elles ont ce pouvoir de nous permettre de méditer et de faire le point sur notre vie. Comme j’ai eu amplement le temps de réfléchir (lire ici : Salomé ne fait pas ses nuits) durant mon congé de maternité, c’est au terme de celui-ci que j’ai décidé que je devais me trouver un nouvel emploi pour mon propre bonheur et celui de ma famille.

 Comme le travail apporte son lot de sacrifices pour la famille, il fallait que ce nouvel emploi me mène vers un équilibre. J’avais besoin d’accomplissement personnel, mais surtout, je voulais avoir du temps auprès de mes enfants et de mon amoureux. Je me suis questionnée sur ce qui m’apporterait de la stabilité, un horaire adapté à celui de mes filles, un salaire à la hauteur de mes compétences et, bien sûr, de la valorisation personnelle. La réponse n’a pas été facile à trouver parce que j’ai dû faire un constat difficile pour mon égo. Je devais faire un retour à l’emploi que j’occupais il y a sept ans, bien avant mes diplômes universitaires, alors que je n’avais pas d’enfants. À l’époque j’étais technicienne en éducation spécialisée (TES) dans une école secondaire à Montréal. J’avais ma permanence, des assurances collectives et presque sept semaines de vacances payées. Il faut croire qu’en célibataire de 25 ans, je rêvais un peu plus d’aventures que d’avantages sociaux! J’ai donc choisi de quitter le communautaire et retourner dans le milieu scolaire à la Commission scolaire des affluents, comme TES.

Habituée à un déficit de sommeil constant et à un horaire tout de même chargé, je me disais que cette rentrée allait se faire aisément. Plus septembre approchait, plus je me sentais prête à attaquer le retour à la routine. Par contre, commencer un nouvel emploi est toujours stressant. Combiné à une intégration à la garderie pour son bébé, ça l’est encore plus! Afin que le quotidien soit un peu doux, l’amoureux et moi avons mis en place un plan presque infaillible. Notre secret est bien simple : tout est dans l’organisation et la planification des repas. Bien que nostalgiques de l’époque où l’on s’envoyait un texto à 17 h 30 pour connaître les envies gourmandes de l’autre, aujourd’hui, avec deux enfants, on apprécie grandement quand le menu de la semaine est établi!

Donc, après avoir passé une magnifique année à cajoler ma chère Salomé, à m’entrainer, à organiser des événements avec Familles au sommet et à écrire mes chroniques pour la belle revue qu’est l’Espion de Quartier, j’étais de retour au travail. L’adaptation à cette nouvelle routine et à mon nouvel emploi s’est faite progressivement. Je me suis répétée comme un mantra que je ne voulais pas être dans une logique de performance, mais bien dans un mode de vie équilibré où j’allais pouvoir m’accomplir comme mère, comme amoureuse et comme professionnelle.

Je réalise aujourd’hui que c’est une chance unique que nous avons de pouvoir prendre ce temps d’arrêt durant le congé de maternité pour faire le point sur notre vie qui va souvent plus vite qu’on ne le souhaiterait.

« Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement. »
— Bouddha

 

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