Ce que les municipalités « mangent en hiver »

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Ce que les municipalités « mangent en hiver »

Par Mathieu Bélanger

Nous sommes actuellement en pleine campagne électorale municipale. Divers candidats s’affrontent, et ce, en nombre record — à Terrebonne, du moins — chacun affirmant être la meilleure personne pour diriger la ville ou représenter un quartier donné. Plusieurs promesses sont mises de l’avant. Pourtant, il n’est pas toujours facile pour le citoyen de démêler les enjeux et les pouvoirs qui relèvent du palier municipal et ceux qui appartiennent aux autres paliers gouvernementaux. Bref, quels sont exactement les rôles des Villes?

Il est cliché de le dire, mais c’est néanmoins vrai : la politique municipale, c’est la politique locale, c’est la politique concrète. Au niveau municipal, on s’éloigne souvent des débats parfois philosophiques et théoriques qui peuvent se produire aux niveaux supérieurs pour se concentrer sur la dure réalité : comment arranger un problème concret X que l’on retrouve sur la rue Y, par exemple? Souvent négligée par les grands médias (sauf à Montréal et à Québec), elle est pourtant celle qui a le plus d’impact sur nos vies, tous les jours. On croit souvent que les vrais enjeux se décident à Québec ou à Ottawa, mais il n’en est rien : c’est ici, dans nos villes que l’avenir se décide et se construit. Ce n’est pas pour rien que, même au niveau international, de plus en plus les villes prennent de la place et sont écoutées.

Commençons avec le début. On le dit souvent, les municipalités sont des « créatures des provinces ». Le gouvernement du Québec et l’Assemblée nationale peuvent faire ce qu’ils veulent avec les villes… comme nous l’avons bien remarqué au début des années 2000, lorsque plusieurs villes du Québec (dont Terrebonne, Lachenaie et La Plaine) ont été fusionnées, parfois de gré, parfois de force, par les autorités provinciales. C’est d’ailleurs pour cela qu’alors que le Parlement canadien et l’Assemblée nationale adoptent des « lois », ce sont plutôt des « règlements » qui sont votés par les conseils municipaux. Ceci dit, Québec a attribué plusieurs rôles aux municipalités qui sont, dans la pratique, plutôt autonomes dans leurs choix de politiques pour ces enjeux. C’est pour cela que même si en théorie elles ne sont « rien », dans la vraie vie, elles sont « tout ».

Principales compétences

Ainsi, les Villes sont responsables en premier lieu de l’aménagement du territoire et du zonage. Elles déterminent quels types de bâtiments peuvent être construits à quel endroit, leur hauteur, leur vocation, etc. Elles dictent comment l’environnement de la ville sera construit. Ceci est majeur, puisque c’est cet aspect qui va le plus distinguer une municipalité d’une autre. Ceci inclut notamment deux volets importants : la configuration et la gestion des axes routiers municipaux et le développement économique. En effet, au-delà des grandes considérations liées aux taux d’imposition provincial et fédéral ou encore aux grandes politiques de lutte contre le chômage, le développement économique est un sujet souvent très local. Une ville doit être attirante. Plus il est agréable d’y vivre, plus les gens y habiteront, ce qui poussera aussi les entreprises à s’y installer. Et c’est le conseil municipal, connaissant les besoins de ses citoyens, qui saura le mieux quel type d’entreprises il vaut mieux tenter d’attirer… beaucoup plus que les politiciens à Québec ou à Ottawa.

Le palier municipal, c’est aussi celui qui a le plus comme objectif de répondre aux besoins de base des individus. C’est la Ville qui va s’assurer que les supermarchés ne sont pas trop éloignés des zones de population. C’est aussi elle qui va acheminer de l’eau de qualité aux résidents. À l’inverse, elle récupère nos déchets et veille à nos égouts, assurant ainsi la salubrité des lieux. Et pour les personnes plus démunies, c’est encore la Ville, dans une large mesure, qui va s’occuper du logement social et de la lutte contre l’itinérance. Pareillement en ce qui concerne la sécurité : bien entendu, c’est la Ville qui gère les services de police et de pompiers. On parle donc ici des besoins identifiés dans les deux premiers étages de la Pyramide des besoins de Maslow, qui représente une hiérarchisation des besoins des humains. Bref, ce sont les Villes qui s’assurent que les besoins de base des citoyens sont comblés.

De plus, on ne peut passer sous silence l’autre rôle important des municipalités, soit le développement communautaire, les loisirs et la culture. On l’oublie parfois, mais les premiers loisirs organisés que la plupart d’entre nous auront eus, enfants, étaient et sont organisées par le pouvoir politique municipal. De même, l’autorisation, l’encadrement et souvent le financement des festivals et autres activités culturelles, ça aussi c’est un enjeu intéressant nos élus locaux. Ceux-ci sont également en première ligne pour soutenir et travailler en partenariat avec les organismes communautaires qui viennent en aide à tellement de gens.

Quelques chiffres

Voyons maintenant quelques chiffres, afin d’avoir un portrait plus concret de la situation. La Ville de Terrebonne a un budget annuel d’environ 220 millions de dollars. Ce n’est quand même pas rien! Là-dessus, la plus grosse fraction, soir 22 % dans le budget 2017, est consacrée à la sécurité publique. Ensuite, dans des proportions similaires, nous avons l’hygiène du milieu, les loisirs et la culture, l’administration générale et le transport routier (chacun entre 12,5 et 13,5 %). Au total, c’est 65 % du budget qui est consacré aux divers services aux citoyens. Du côté de Mascouche, le document présentant le dernier budget n’est pas aussi précis, mais on note néanmoins que sur le 79 millions de dollars que constitue le budget municipal, 68 % de cette somme est consacré aux services aux citoyens. Ici, il ne faut pas oublier que le poids de la dette est plus élevé à Terrebonne à Mascouche, ce qui peut expliquer cette différence entre les deux villes.

 En conclusion

Bref, on le constate aisément, nos élus municipaux ont de grandes responsabilités qui nous affectent directement. Encore plus qu’aux autres paliers, c’est de notre qualité de vie quotidienne dont il est question par les présentes élections. On pense souvent que la politique municipale, ce n’est que la gestion des déchets et que ce n’est pas important, alors que la réalité est tout à fait à l’opposé de cette image. Le 5 novembre, jour d’élections, sera donc une journée importante pour Terrebonne et Mascouche. À mettre à l’agenda!