La politique parle du social en 2017!

La politique parle du social en 2017!

Par Hugo Valiquette

Après les années d’austérité vécues au Québec, le filet social sort amoché des compressions vécues dans les services publics et les programmes sociaux. Les organismes communautaires autonomes ont de plus en plus de demandes en provenance de la population et n’ont pas accès à des subventions leur permettant d’y répondre adéquatement. Bien que maintenant, le gouvernement annonce des réinvestissements dans des secteurs névralgiques de notre État, il est clair que les niveaux de financement ont diminué et qu’ils ne retrouveront pas les niveaux d’avant. Toutefois, à un peu plus d’un an des élections d’octobre 2018, le social prend du galon dans les préoccupations du monde politique.

 Des visions différentes pour parler à la population

Le gouvernement en place, après avoir investi de maigres montants, entre autres dans certains organismes, dans les réseaux publics de santé et de l’éducation, se tourne actuellement vers les travailleurs et travailleuses pour annoncer un programme plus social. On parle de modifications aux normes du travail et d’augmenter le nombre de semaines de vacances après un certain temps chez un même employeur. De plus, le gouvernement proposera un plan de lutte à la pauvreté à l’automne. Selon différents articles, il renoncerait aux baisses d’impôt dans son plan de match, car la population tient au niveau actuel des services publics. C’est un virage amorcé avant les élections, car dans les dernières années, on nous a habitués à un positionnement marqué vers les entreprises ainsi qu’à sa préférence d’agir avec des fondations privées.

De son côté, l’opposition formée du Parti Québécois annonçait récemment une tournée du Québec sous le thème de la Solidarité en action. Les députés Catherine Fournier, Dave Turcotte et Harold Lebel sillonneront les communautés pour faire une proposition de vision de la lutte à la pauvreté qui devrait être mise en œuvre pour réellement changer la situation. Fait intéressant, cette annonce s’accompagnait d’un plan précis pour les organismes communautaires autonomes québécois. S’il prenait le pouvoir, le PQ investirait 180 millions supplémentaires pour le financement des organismes d’action communautaire autonomes de tous les secteurs sur trois ans, indexerait les subventions de l’ensemble des organismes communautaires autonomes, ajusterait l’indexation en fonction des réalités des organismes, des mesures pour les conditions de travail, l’acquisition et la rénovation de bâtiment, puis de nouveaux investissements dans le logement communautaire. De son côté, Québec Solidaire nomme dans son programme l’importance de soutenir adéquatement les organismes communautaires pour la réalisation de leur mission. De leur côté, la Coalition Avenir Québec, Option nationale et le Parti vert du Québec n’ont pas encore fait d’annonce particulière.

Quelques revendications des mouvements sociaux

Dans l’actualité québécoise, différents mouvements québécois portent des positions pour créer le débat dans la population et auprès de la classe politique. Il y a deux thèmes qui ressortent présentement, soit le salaire minimum à 15 $ ainsi que le mode de scrutin pour les élections au Québec. Il sera intéressant de voir les positionnements à venir en prévision des prochaines élections.

Une élection à saveur sociale?

Voyant ces positionnements des partis politiques québécois, cela peut nous amener à voir des éléments pouvant devenir des thèmes de la prochaine campagne électorale québécoise. Bien qu’elle aura lieu dans plus d’un an, on sent l’envie de se rapprocher du citoyen et de parler de réalité les touchant directement. La population sera clairement au cœur des préoccupations des politiciens. Il sera temps pour les mouvements sociaux québécois de prendre leur place et de questionner les programmes afin d’avoir des engagements concrets pour l’amélioration de vie des personnes vulnérables, des familles et de la population en général. Le social sera au cœur de l’actualité pour les semaines et mois à venir.