C’est comme si j’étais tombé dedans à ma naissance… ou presque

C’est comme si j’étais tombé dedans à ma naissance… ou presque

Par Hugo Valiquette

Votre espion techno change de domaine et se rapproche de sa plus grande passion, le social. J’ai envie de vous parler de mon parcours. En quatrième année du primaire, j’ai fait une grande découverte grâce à mon enseignante. L’impact que l’engagement individuel peut avoir sur le collectif. Pour moi, ce fut comme une illumination qui allait avoir un impact considérable sur ma perception du monde. Participer au conseil de classe a été une expérience des plus enrichissantes. Et ça m’a porté à poser ma première action collective : j’ai fait signer une pétition que j’avais créée demandant à ma Ville d’installer des cloches pour collecter les matières recyclables.

Peut-être que tenir un conseil de classe était une petite activité parmi tant d’autres dans le cursus scolaire, mais pour moi, ce fut tellement significatif. J’ai goûté à cette expérience unique de sentir que je pouvais rassembler les gens pour améliorer notre situation. Par grand bonheur, en première secondaire, j’ai eu la chance de participer au conseil étudiant et j’ai pu aller chercher de nouveaux outils dans cette quête de briser l’inertie et le statu quo afin que mon milieu soit un peu plus engagé.

Grâce aux apprentissages et aux expériences que j’ai vécus dans mes parcours scolaires et parascolaires, pour moi, démarrer un groupe vocal à 15 ans à Terrebonne, c’était d’une logique implacable. Il n’y avait pas d’activité culturelle qui me branchait à Terrebonne. Alors, aussi bien la créer. Ça fait maintenant tout près de 21 ans que je dirige Éclipse – le groupe vocal. Pendant toutes ces années, j’ai pu vivre à plusieurs reprises cette fierté d’appartenir à un groupe dont ses membres se dépassent et se réalisent sur plusieurs facettes. C’est un bonheur vécu par les personnes qui décident mettre leurs aptitudes ensemble au profit d’une réalisation collective. Pour vrai dire, il y a peu de moments vécus qui me sont aussi agréables. Voir les yeux d’une personne briller parce qu’elle a réalisé un défi, un objectif qu’elle s’était fixée ou parce qu’elle est sortie de sa zone de confort et qu’elle a eu du plaisir, c’est tout simplement formidable. Pour moi, c’est la raison qui me fait autant aimer mon parcours dans le monde social.

Oui, vous pourriez dire qu’un groupe vocal, on devrait parler de ça dans la chronique culturelle. Mais en arrière du chant, il y a beaucoup plus que ça. C’est le rassemblement de passionnés qui chantent ensemble, mais aussi qui se donnent les moyens de réaliser leurs rêves. C’est la construction d’une organisation gérée par un conseil d’administration. Les fonds amassés permettent de bâtir des projets et d’exister depuis tout ce temps. Nous investissons des montants dans les entreprises locales et pour des personnes qui nous soutiennent dans notre démarche. Alors, pourquoi ne pas en parler dans la chronique entrepreneuriale? C’est vrai, on pourrait. Or, il y a toute une dimension unique au domaine social. Toutes ces retombées auxquelles on ne pense pas. Par exemple, une personne qui chante avec un groupe chaque semaine sera en meilleure santé, elle aura plus de concentration et risque d’être plus engagée dans sa communauté. Quels beaux bénéfices à cette activité, qui semble bien simple au départ! Avouez que lorsque vous pensez à une chorale, vous ne pensez pas investissement, santé, entrepreneuriat et social. Vous imaginez tout simplement des gens chanter ensemble. C’est plus que ça!

Voilà un premier exemple. J’aurai la chance dans les prochains numéros de vous faire découvrir différentes expériences de la dimension sociale du territoire de notre MRC. Peut-être ne connaissez-vous pas ce grand filet social existant chez nous!

« Le citoyen n’est pas un consommateur. C’est un producteur, d’idées, de convictions, d’engagement, de solidarité. »
– François Bayrou