Réflexion post-guignolée

Réflexion post-guignolée

Par Élisa-Ann Sourdif

Au moment d’écrire ces lignes, je viens de terminer ma boîte pour la Guignolée 2016. Comme chaque année, j’ai essayé de faire une boîte intéressante et d’offrir de beaux produits. Parce que j’adore manger, je me plais à penser que je peux contribuer à procurer du plaisir à des gens pour qui les repas des Fêtes s’annoncent plus difficiles. Il est aussi important pour moi de garder en tête que les gens qui bénéficient de l’aide alimentaire doivent être respectés dans leurs goûts et dans leurs limites personnelles.

Le fait de préparer mon don annuel à la guignolée me plonge toujours dans une réflexion sur les difficultés que peuvent vivre nos concitoyens qui dépendent du dépannage alimentaire pour compléter leur épicerie. Pour faire un parallèle avec le sujet de mon dernier blogue, sur la difficulté à choisir nos menus quotidiens, j’ai envie d’ajouter : « imaginez lorsque le frigo est vide »! Dans ce cas, ce n’est plus un défi, tel que je l’abordais dans le texte. Ça peut facilement devenir un véritable casse-tête.

Je sais que certains sont ambivalents par rapport à la guignolée, se disant qu’il vaudrait mieux être généreux toute l’année (pourtant, l’un n’empêche pas l’autre) ou encore, que les paniers de Noël ne suffisent pas pour combler les besoins alimentaires quotidiens d’une famille. Par contre, il faut savoir que, souvent, les organismes qui reçoivent les produits de la guignolée font, en plus des paniers de Noël, des provisions de denrées non-périssables pour une bonne partie de l’année. Je crois aussi que le fait que ce soit un événement annuel tenu d’un bout à l’autre du Québec (très souvent, la première fin de semaine de décembre) apporte une visibilité qui ne peut qu’aider la cause.

Évidemment, il ne faut pas se dédouaner d’une certaine responsabilité collective une fois qu’on a donné notre boîte à la guignolée. Comme le disait Franklin D. Roosevelt : « Le premier des droits de l’homme est celui de pouvoir manger à sa faim ». Au bout du compte, l’objectif ultime doit demeurer la fermeture des banques alimentaires.

Vous me direz que la guignolée, c’est déjà loin dans l’esprit de la plupart des gens. Il s’est passé plus d’un mois entre le moment où j’écris ce billet et le moment où vous le lisez. Mais en ce début 2017, avec une nouvelle flambée du prix des aliments annoncée, je crois que ces gestes de générosité que l’on pose machinalement se doivent d’être réfléchis. Peut-être ainsi augmenterons-nous l’impact positif de ces actions, puisqu’elles seront posées en toute conscience.

« Le premier des droits de l’homme est celui de pouvoir manger à sa faim »
– Franklin Delano Roosevelt